
Depuis trois ans, le Centre national de renseignement (CNI) espagnol a drastiquement réduit sa présence au Maroc, laissant un vide stratégique dans un pays jugé « crucial » pour l’Espagne. D’après des sources bien informées, les agents du renseignement ont été rappelés sans explication officielle, laissant place à une présence purement administrative, vidée de toute mission de surveillance.
Cette décision, en apparence politique, intervient dans un contexte de rapprochement entre Madrid et Rabat, marqué notamment par le revirement espagnol sur le Sahara Occidental et des accords en matière de sécurité et de migration. Officiellement, le CNI nie tout retrait, affirmant que « les besoins d’information sont couverts », mais les faits dépeignent une autre réalité.
Cette politique de prudence n’a pourtant pas empêché Rabat d’exercer une pression constante sur Madrid. En mai 2021, l’Espagne a subi une vague migratoire massive « tolérée » par le Maroc en représailles à l’accueil médical du leader du Front Polisario, Brahim Ghali.
Alors que des médias européens ont jugé « plausible », sans pour autant en donner la preuve, l’implication marocaine dans des cyberattaques à l’encontre de dirigeants ibériques, le gouvernement espagnol est resté silencieux, refusant même de collaborer pleinement à certaines enquêtes. Cette attitude soulève beaucoup de questions : Madrid a-t-elle définitivement abandonné le travail d’espionnage au profit d’une entente solide et durable avec Rabat ?